19 septembre 2024
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L’accès à l’énergie en République de Guinée: enjeux, défis et solutions (Par Mamadou Diouldé Sow, Coordinateur MAOG-PITA)

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L’accès à l’énergie est une composante essentielle du développement économique, social et politique. Il favorise le développement individuel via l’amélioration des conditions éducatives et sanitaires. Il permet le développement de l’activité économique par la mécanisation et la modernisation des communications. Il participe enfin à l’amélioration de l’environnement économique en permettant une intervention publique plus efficace, un meilleur respect de l’environnement et le renforcement de la démocratie. Cependant, malgré un potentiel énorme en énergies fossiles et renouvelables, la République de Guinée présente des déficits énergétiques importants. Les ressources du Pays sont sous-exploitées, ou exportées sous forme brute, ou bien encore gaspillées lors de l’extraction ou du transport. En conséquence, l’offre disponible pour les populations est largement insuffisante.

Améliorer l’accès des populations à l’énergie requiert d’intervenir certains niveaux :

S’OCCUPER DU FINANCEMENT :

Le financement pose un défi fondamental dans la lutte contre la pauvreté énergétique en République de Guinée. Le financement public ne pourra pas couvrir ces coûts et il est donc impératif que des fonds publics, avec le soutien des bailleurs de fonds et de sources non gouvernementales, soient consacrés aux efforts visant à mobiliser des financements privés dans le secteur. En même temps, il est impératif de saisir les occasions d’augmenter le financement public en réduisant les dépenses inutiles et régressives et en s’attaquant au problème des flux financiers illicites. Le financement public et des bailleurs de fonds devrait servir à réduire les taxes, les droits de douane et les frais d’importation sur les composants des systèmes d’énergie renouvelable, à réaliser des évaluations des ressources, à subventionner l’accès à l’électricité de base et les frais de raccordement et à créer et soutenir des institutions chargées de promouvoir la formation en matière de  nouvelles technologies. Pour aider à favoriser l’investissement dans des technologies qui permettent d’accroître l’accès à l’énergie, il sera important d’élaborer des politiques propres à réduire les risques pour les investisseurs privés, visant notamment à assurer la transparence des projets d’expansion du réseau, et de créer des instituts pour former les techniciens compétents. Finalement, il est nécessaire de promouvoir l’inclusion financière et d’accroître l’accès au crédit aussi bien pour les consommateurs potentiels que pour les entrepreneurs locaux.

Malgré ces possibilités d’amélioration du financement, dans les pays à très faible revenu, il y a des chances qu’il soit exceptionnellement difficile de trouver les fonds nécessaires pour que les groupes à faible revenu puissent avoir accès à l’électricité et commencer à cuisiner avec des fourneaux améliorés. Il est fondamental de bien évaluer l’ampleur de ce défi pour pouvoir y faire face avec réalisme.

COMBINER LES TECHNOLOGIES D’ACCÈS :

Dans la recherche d’un équilibre entre l’expansion du réseau et les technologies énergétiques décentralisées, ainsi que dans la définition des rôles de l’État, du secteur privé et d’initiatives communautaires, chaque contexte national sera particulier. Ce contexte dépendra de facteurs tels que la taille de l’économie, la distribution de la population (et la distribution des richesses au sein de la population), la nature du terrain, la disponibilité des différentes sources d’énergie et des différents combustibles et la qualité actuelle de l’infrastructure. Malgré ces variations, en général, les décisions concernant les technologies devraient tenir compte des principes suivants.

  1. Des politiques devraient être en place pour assurer le raccordement de populations se trouvant « sous le réseau » et être complétées par des politiques visant à garantir qu’il y a une capacité de production suffisante pour répondre à la demande supplémentaire. Ces politiques doivent tenir compte des difficultés particulières que rencontrent les populations urbaines pauvres ; le ruissellement économiques ne répondra pas automatiquement aux besoins de ces groupes, surtout lorsque les problèmes de raccordement tiennent à leur relation avec un accès compromis à des terrains utilisables.
  2. La densité des revenus sera un élément important pour déterminer où l’expansion du réseau devrait être prioritaire. Le réseau devrait s’étendre aux zones où ses importantes économies d’échelle peuvent être exploitées.
  3. Lorsque les densités des revenus sont relativement élevées mais que les agglomérations sont éloignées, les mini-réseaux seront la meilleure solution. Ils fourniront la forme d’énergie la plus économique et peuvent en plus être élargis pour répondre à une éventuelle croissance de la demande.
  4. Chez les ménages très pauvres, les appareils solaires pourraient être la meilleure option. Les politiques en ce sens devraient mettre l’accent sur la sensibilisation, l’élimination des taxes et des droits de douane sur les appareils solaires et l’élaboration de normes de vérification de la qualité des produits.
  5. Les projets d’expansion de l’accès à l’énergie au moyen de biodigesteurs devraient être modestes compte tenu des barrières rencontrées dans d’autres pays quand il s’agit de bien les intégrer à la consommation d’énergie domestique.

INSCRIRE L’ACCÈS À L’ELECTRICITÉ DANS LE CONTEXTE

GÉNÉRAL DU DÉVELOPPEMENT :

Bien que l’accès à une grande quantité d’énergie soit clairement une condition préalable au niveau de productivité et de bien-être économiques que connaissent les économies industrielles et post-industrielles, le simple fait d’approvisionner des ménages en électricité a peu de chances d’entraîner les grands résultats en matière de développement qui sont possibles. Ainsi, si l’amélioration de l’accès à l’électricité est en et par elle-même une importante exigence du développement, elle doit être conçue dans le cadre d’un programme de développement plus vaste qui vise à assurer la fourniture d’autres infrastructures, telles que des routes, des marchés et des installations sanitaires, et la disponibilité d’autres services, notamment de crédit, d’éducation, de santé et de police. À cet égard, il sera important d’intégrer la réduction de la pauvreté énergétique dans les efforts visant à combler le déficit énergétique dans cette République. Cette intégration à grande échelle des efforts de développement est difficile car elle fera intervenir plusieurs ministères et services gouvernementaux différents, mais cette planification intégrée est probablement nécessaire pour concrétiser les perspectives de développement rendues possibles par l’électrification.

Mamadou Diouldé Sow, Coordinateur

Préfectoral de la Maison des Associations

et ONG de Guinée MAOG-PITA

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